Exposition Jean Emile Laboureur

Dans la lignée des expositions rétrospectives organisées ces dernières années autour d’artistes de renom (Robert Micheau-Vernez, Ferdinand du Puigaudeau, Jean Fréour…), la Ville du Croisic poursuit une programmation culturelle ambitieuse en proposant en 2018, dans le cadre historique de l’ancienne criée, une exposition thématique consacrée au graveur, peintre et illustrateur Jean-Émile Laboureur qui vécut au Croisic de 1919 à 1924 et finit ses jours à Pénestin en 1943.

En partenariat avec de nombreuses institutions, collectivités et grâce aux prêts de plusieurs collectionneurs particuliers, la Ville du Croisic rend hommage à cet artiste nantais, virtuose de la gravure, qui s’est illustré dans maintes thématiques et qui affectionnait tout particulièrement la région.

Son riche parcours traduit une exigence de tous les instants. L’artiste adopte la géométrisation et la simplification des formes, tout en restant figuratif. La variété, la qualité et la modernité de son travail l’ont hissé parmi les plus grands graveurs français.

La nef de l’ancienne criée accueillera pendant deux mois près d’une centaine d’œuvres de Jean-Émile Laboureur dont certaines rares ou peu communes. L’exposition abordera principalement son œuvre dans la presqu’île au cours de ses séjours au Croisic, à Batz, en Brière ou à Pénestin dans le Morbihan.

L’exposition proposera de découvrir la façon dont Laboureur a appréhendé et perçu la presqu’île, les différentes techniques et supports utilisés par l’artiste, la facétie de son art où l’humour et la caricature ne sont jamais loin, sans compter une rigueur de l’observation qui se cache derrière les représentations.

Artiste cubiste, amoureux de la mer et du littoral, explorateur fervent de la nature humaine et des paysages, Jean-Émile Laboureur fait de la gravure et de l’estampe, supports confidentiels, des témoignages attachants de la vie de l’époque. Pour Laboureur, la gravure originale est oeuvre à part entière, un dessin volontairement affirmé par la rudesse même de l’outil employé.

« Laboureur aimait bien prendre une connaissance progressive, tranquille et comme précautionneuse des gens, des choses et des pays.» - Suzanne Laboureur

Cette exposition est organisée en partenariat avec la commune de Pénestin et le musée des marais salants de Cap Atlantique.

Commissariat scientifique et scénographie

Laurent Delpire, directeur du Patrimoine de la Ville du Croisic, conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Loire-Atlantique.


Jean-Émile Laboureur (1877 - 1943), un virtuose de la gravure

Jean Laboureur est né à Nantes en 1877. Il est doué de talents précoces pour le dessin, mais fait des études de droit à Paris. Parallèlement, il apprend la gravure avec Auguste Lepère et la lithographie avec Toulouse-Lautrec (1895-1898).

Il se forme ensuite dans les musées allemands (1899-1903), puis part vivre en Amérique du Nord quelques années (1903-1908) ; il y réalise des estampes et des gravures sur bois montrant les grandes villes industrielles et prend le prénom de Jean-Émile.

Rentré en Europe, il voyage et s’installe définitivement à Paris en 1910. Laboureur s’intéresse au Cubisme et adopte la géométrisation et la simplification des formes, tout en restant figuratif. Il fréquente Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin.

Il sera mobilisé comme traducteur auprès de l’armée anglaise, puis américaine, pendant la première guerre mondiale. Celle-ci n'interrompt en rien son activité créatrice. Il produit, pendant et après la guerre, plusieurs ensembles de gravures sur cuivre au burin (« Dans les Flandres britanniques », « Petites images de la guerre sur le front britannique », « Types de l’armée américaine en France »).

Dans l’immédiat après-guerre, l’artiste se consacre, avec la réalisation de grandes planches gravées, à l’illustration d’ouvrages (Larbaud, Gide, etc.). De 1920 à 1938, Laboureur illustre 60 livres, réalise 39 frontispices, sans renoncer aux planches individuelles de libre inspiration.

En 1919, le couple Laboureur achète une maison sur le port du Croisic. Ils y viennent régulièrement et y accueillent des amis à qui ils font découvrir la région.

En 1923, Jean-Emile Laboureur fonde l’Association des peintres et graveurs qui met en avant la gravure, la lithographie, la gravure au burin ou la xylographie.

En 1924, Laboureur vend la maison du Croisic et s’installe à Pénestin dans le Morbihan où il fait construire une maison sur le littoral.

Au début des années trente, il réalise un ensemble de paysages à l’eau-forte (La Grande Brière).

Jean-Émile Laboureur est atteint d’hémiplégie en 1938, il cessera toute production artistique. Il meurt en 1943 à Pénestin dans le Morbihan.


Les dernières expositions


2015 : château des ducs de Bretagne à Nantes – Jean-Émile Laboureur, images de la Grande Guerre
1999 : Pénestin – Générations gravures
1998 : musée des marais salants à Batz-sur-Mer – Jean-Émile Laboureur, peintre-graveur au Croisic
1996 : bibliothèque municipale de Nantes - Jean-Émile Laboureur, illustrateur.


  •   Du 29/06/2018 au 09/09/2018
  •   Ancienne criée

Exposition Jean Emile Laboureur